Robert Rauschenberg, né en 1925 aux Etats-Unis, est un artiste plasticien américain renommé à travers le monde. Il est également connu pour être le précurseur du mouvement Pop Art mais aussi de tous les autres mouvements artistiques de l’après-guerre. Et oui Andy Warhol et Roy Lichtenstein n’ont rien inventé. Il est considéré aujourd’hui comme l’un des plus grands représentants de l’expressionnisme abstrait. Son courant artistique est souvent attribué au Néo-Dada.

 

Une enfance pauvre et des débuts éloignés du monde de l’art

 

Robert Milton Ernest Rauschenberg naît le 22 Octobre 1925 à Port Arthur, au Texas. Ses origines sont internationales puisque son grand père était un médecin allemand et sa grand-mère une indienne Cherokee. Sa famille provient d’un milieu modeste. A l’Université d’Austin au Texas, il étudie la pharmacie puis s’engage dans l’armée américaine lors de la Seconde Guerre Mondiale où il intègre le Navy Hospital Corps de San Diego en Californie.

Art Students League of New York

C’est seulement à la fin du conflit qu’il décide de changer de secteur d’activité et s’inscrit en 1947 au Kansas City Art Institute où il étudie l’histoire de l’art, l’anatomie, la peinture, la musique, la sculpture et la mode. Il y reste un an et part ensuite pour Paris en 1848 où il étudie à l’Académie Julian. Là-bas, il tombe follement amoureux de Susan Weil une jeune peintre américaine, qu’il épouse en 1950. Elle lui donne un fils appelé Christopher. Malheureusement, ils se sépareront juste après sa naissance. Suite à cela, il repart en Caroline du Nord, aux Etats-Unis, pour étudier au Black Moutain College où il assiste aux cours de Joseph Albers et de John Cage. Ils influenceront ses œuvres tout au long de sa carrière. Durant la même période, il apprend  également à l’Art Students League of New York.

 

Des débuts difficiles et non reconnus

 

rauschenberg-white-painting

White Paintings - Rauschenberg

Il expose pour la première fois en individuel en 1951 à la Bety Parsons Gallery de New York. Cette exposition regroupe des tableaux où sont incorporés des éléments trouvés : cartes géographiques, morceaux de miroirs. Cependant aucune œuvre ne sera vendue. Il créé ensuite les œuvres de sa deuxième série  White Paintings (en 1951) qui sont monochromes. Elles forment des écrans destinés à refléter les ombres et les lumières.

De 1952 à 1953, il voyage en Europe et au Maghreb en compagnie de Cy Twombly qu’il a rencontré lors de ses études à New York. Durant son voyage, il continue à créer et travaille à une série d’assemblages, de collages, et de petites boîtes suspendues. Ces œuvres exposées à Florence et à Rome annoncent sa méthode de combinaison de thèmes disparates.

Red paintings - Rauschenberg

Il rentre à New York en 1953 et commence à travailler à la série des Red Paintings, qui selon certains seraient les premières ébauches des Combines Paintings.  Ces toiles sont composées de morceaux de journaux et de tissus à motifs.

Les Combines, quant à elles, sont des assemblages abstraits de différents types de matériaux recouverts de peinture.  Il commencera à les créer en 1954 après sa rencontre avec Jasper Johns qui fut son amant pendant quelques années. Il intègre à la surface de ces peintures abstraites des objets trouvés dans la rue tels que des peluches, des roues, des sièges, des horloges.  Avec les Combines, il repousse les limites de l’Art conventionnel et abolit les frontières entre la peinture et la sculpture. L’assemblage de différents matériaux le suivra tout au long de sa carrière artistique. Pour lui, « un tableau ressemble d’avantage au monde réel s’il est réalisé avec des éléments du monde réel. (…)Je ne veux pas qu’un tableau ressemble à autre chose que ce qu’il est. »

Combine Paintings : Retroactive I - Rauschenberg

 

Le succès enfin au rendez-vous dans la peinture mais aussi dans d’autres disciplines

 

Il commence en 1958 à explorer la technique du transfert avec solvant sur son travail. Il réalisera notamment une série de photographies délavées par solvant. En 1959, il est un des artistes de la biennale de Paris et expose ensuite en 1961 chez Daniel Corider, le collectionneur et organisateur d’expositions. Robert Rauschenberg commence à se rapprocher du style Pop Art grâce à ses peintures sérigraphiées. Pour celles-ci, il utilise une technique de reproduction commerciale afin de mettre en valeur des thèmes traités par les médias. Il reproduit à grande échelle ses clichés ainsi que des images trouvées dans la presse. Il en vient à s’interroger sur le principe de la reproductibilité de l’œuvre et de ses conséquences. Perte d’aura ? Perte de prestige ?

Il obtient sa première exposition rétrospective en 1963 au Musée Juif de New York. La même année, il conçoit une chorégraphie du Pélican et danse même dans ce spectacle. En 1964, il voyage avec la compagnie de danse Merce Cunningham en Europe et en Asie. Pendant ce temps à Londres, une exposition lui est consacrée et remporte le Grand Prix à la Biennale de Venise. C’est d’ailleurs le premier américain à recevoir cet honneur.

Vidéo de la représentation du Pélican :

En 1966, Rauschenberg fonde les Experiments in Art and Technology avec l’ingénieur pour les Bell Telephone Laboratories, Billy Klüver. Cette association a pour but de faciliter la collaboration entre les ingénieurs et les artistes. Elle a notamment donné naissance à Oracle, une œuvre composée de cinq objets de récupération auxquels il a intégré cinq postes de radio branchés sur différents pays.

Oracle - Rauschenberg

Dans les années 70, il se remet à la photographie. En 1981, le centre Pompidou à Paris lui consacre une exposition ainsi que le Guggenheim et le Metropolitan Museum quelques années plus tard. Au cours de sa carrière, il travaillera également la céramique ainsi que les dessins sur des tapis de cérémonie.

Exposition photos - Rauschenberg

 

 

Des œuvres mais aussi un engagement pour les autres

 

En 1970, l’artiste américain rejoint un groupe d’artistes qui proteste contre la guerre en Vietnam. Pendant la trente cinquième Biennale de Venise, pour montrer leur désaccord,  ils retirent tous leurs œuvres  du Pavillon des Etats-Unis .

Dans les années 80, il créé le projet Rauschenberg Overseas Culture Interchange pour développer une communication entre les diverses cultures. Grâce à ses finances personnelles, il met en place ce projet qui regroupe 11 pays de tous les continents comme la Malaisie, le Japon, le Chili, l’Allemagne de l’Est, ou encore les Etats-Unis.

Il consacre également plusieurs millions de dollars à la recherche médicale ainsi qu’aux femmes et aux enfants dans le besoin. Il finance également d’autres artistes ainsi que des politiciens.

Puis le 12 Mai 2008, il meurt sur l’ile de Captive en Floride, où il résidait déjà depuis quelques années.

Reportage sur une de ses expositions au Musée Tinguely à Bâle :