Derrière ce mot barbare et imprononçable se cache un design révolutionnaire qui suscite toutefois la polémique entre les designers contemporains. Le skeuomorphisme est aujourd’hui délaissé pour faire place au flat design, un modèle esthétique démocratisé par Google, Windows 8 et récemment par Apple avec son interface iOS7, la firme prônait pourtant le skeuomorphisme depuis ses débuts. C’est un peu le Pop Art appliqué au design des interfaces dites homme-machine.

Flat design VS Skeuomorphisme

Qu’est-ce que le Skeuomorphisme ?

Ce design fait appel au réalisme et tous ses effets visuels associés. Il favorise les perspectives de profondeur, d’ombres, de reproduction des matières et désire ainsi familiariser l’utilisateur avec des objets familiers. Il permet de leur offrir des interfaces plus rassurantes en imitant les matériaux des objets réels et de mettre en confiance l’utilisateur peu adepte de l’univers informatique.

La représentation d’un interruption pour les fonction on/off d’une application.

Le skeuomorphisme donne à un objet virtuel l’apparence d’un objet réel en reproduisant des matières comme le bois, le cuir, du métal ou encore des objets comme un micro, un bloc note ou un objectif d’appareil photo. Il permet ainsi de résoudre un problème d’affordance des applications technologiques.

Le skeuomorphisme et Apple

La démocratisation de ce design fût propulsée par Apple grâce à des graphismes extrêmement réalistes.

Le skeuomorphisme avec la représentation d’un objectif de camera.

Le microphone et la bibliothèque d’Apple

Application audio d’apple

Le bloc-notes par Apple

L’application Game Center qui représente un tapis de jeux.

Steve Jobs était un adepte du skeuomorphiste, au côté du designer Scott Farsall ils aimaient particulièrement imiter la texture de matières et la surabondance de détails. Le calendrier intégré au Mac par exemple, était basé sur le cuir que l’on peut trouver dans le jet privé de Jobs.

Représentation du cuir pour l’application agenda d’Apple

Le cuir des canapés du jet privé de Steve Jobs

Malgrès une qualité de graphisme remarquable, le skeuomorphisme d’Apple suscite beaucoup de critiques de la part des designers contemporains. En effet ces derniers pensent que l’excès de visuels élaborés viendrait en réalité cacher une interface mal conçue, mal pensée et peu clair. Ils viendraient donc masquer les failles en sursignifiant la fonction de l’application.

Austin Care ancien designer de l’interface d’Apple déclare : «C’est comme si les designers gonflaient leurs muscles pour montrer à quel point ils sont doués pour créer une image d’un objet physique. Qui ça intéresse ?»

Aujourd’hui les designers saluent les interfaces de Windows 8 et Google dont les dessins d’icônes privilégient plutôt le minimalisme et la simplicité. Une direction à l’opposée à celle d’Apple. C’est le flat design. Ce design fait appel à un minimaliste poussé à l’extrême. Ne prenant pas en compte les effets de profondeur, de bordures, de dégradé, d’ombres ou de motifs, il fait abstraction de tous les éléments purement décoratifs qui pourraient détourner la principale fonction de l’application. Vous pourrez trouvez ici plus d’informations sur le flat design.

Flat design VS Skeuomorphisme

Mais depuis la licenciement du designer Scott Fortsall, à qui l’on doit le skeuomorphisme d’Apple, le département de design de la marque à la pomme est confié à Jonathan Ive qui défend la philosophie du « less is more » et du minimalisme. C’est pourquoi avec l’apparition de la nouvelle interface iOS7, Apple connaît un nouveau souffle en laissant de côté le skeuomorphisme et en s’inspirant très largement du flat design.

La page d’accueil avec l’interface iOS6 (à gauche) et iOS7 (à droite)